Bagan, mythique et touristique

La première image qui symbolise la Birmanie est bien celle-ci : le coucher de soleil sur les innombrables temples de Bagan (faites la recherche Google pour voir !). Les rois de la région, pris d’une ferveur religieuse, firent élever entre le XIe et le XIIIe siècle, plus de 4000 temples, pagodes et stupas au cœur de cette immense plaine. Étape incontournable d’un voyage en Birmanie, c’est avec une certaine impatience que nous nous y rendons. Tout ce que nous avons vu jusque-là était magnifique, Bagan doit être tout simplement sublime !

Nous arrivons en début d’après-midi dans la ville de Nyaung U où nous poserons nos valises pour les quatre prochaines nuits (trois types d’hébergements sont possibles pour visiter Bagan : soit Old Bagan, au centre du site, avec ses hôtels de luxe ; soit New Bagan qui propose des hôtels de catégorie moyenne, soit Nyaung U avec ses pensions à petits prix). Notre chambre est plutôt rudimentaire, la douche glacée… mais le petit-déjeuner sur le rooftop avec pancakes et pain perdu fera tout oublier à Amélie !

Notre première soirée est consacrée à la visite de la paya Shwezigon à la sortie de Nyaung U, qui n’est pas sans rappeler la paya Shwedagon de Yangon avec son stupa en forme de grosse cloche reposant sur plusieurs terrasses, entouré de multiples pagodons. Il semble d’ailleurs qu’elle ait servi de modèle à de nombreux autres édifices religieux birmans.

Pour partir à la découverte de la grande plaine de Bagan le lendemain matin, nous décidons de louer un scooter électrique pour la modique somme de 8000 kyats la journée – soit 5 € et des poussières. Nous enfourchons notre bolide, en route pour Bagan ! Dès les premiers temples que nous apercevons depuis le bord de la route, nous stoppons net. L’enchantement est immédiat. Nous tombons sous le charme de ces trésors de brique disséminés dans les terres. D’autant plus que la plupart recèlent des Bouddhas surprenants et cachent d’étroits escaliers menant vers des terrasses extérieures d’où se déploie une vue éblouissante. Ce n’est plus une simple visite, c’est une vraie chasse aux trésors ! Nous passons ainsi de temple en temple au gré de nos envies, en suivant le tracé des pistes. Julien est un pilote hors-pair sur le sable, ravi de se prendre pour Peterhansel en plein Paris-Dakar. L’endroit est si vaste que nous sommes toujours quasiment seuls…

Nous ne retrouvons le flot des touristes que lorsque nous rejoignons les temples les plus importants que les locaux ont l’habitude de présenter selon le même classement :

  • le plus beau, le Pahto Ananda (malheureusement en réfection lorsque nous y sommes allés…)
  • le plus haut, le Pahto Thatbyinnyu (impossible de le rater)
  • le plus massif, le Pahto Dhammayangyi (le roi qui l’a fait construire cherchait à se racheter d’avoir tué son père et son frère pour prendre le trône, mais il ne s’est pas montré plus indulgent avec les ouvriers : le moindre espace laissé entre les briques leur valait d’avoir la main ou le bras coupé…)

Parmi les temples les plus visités, il faut également compter le Pahto Htilominlo près de la grande route entre Nyaung U et Bagan, devant lequel nous passons matin et soir et qui nous réserve à chaque fois un spectacle différent. À noter que c’est en arrivant dans ce temple que nous apprenons qu’il faut payer un droit d’entrée pour le site. De rares checkpoint sont répartis ça et là pour vérifier que les touristes se sont bien acquittés des 20 $ d’entrée pour l’ensemble de la zone archéologique. Au regard de nos dépenses jusque-là, nous sommes surpris par un tel montant, mais nous ne voulons pas jouer les fraudeurs, nous nous en acquittons poliment en espérant que cet argent ira bien à la conservation du site.

Nous avons également beaucoup aimé visiter le Pahto Sulamani qui renferme des fresques étonnamment bien conservées, ainsi que la paya Pyathada, tout au fond de la plaine sud, surplombée par une immense plate-forme qui réserve une vue majestueuse. Mais ce que nous avons préféré, c’est avant tout de se perdre parmi les temples de moindre envergure, à travers les pistes peu empruntées, à ne croiser que quelques troupeaux de vaches, traçant notre propre route. Il y a toujours quelque gardien ou peintre sur sable pour vous indiquer le chemin ou vous révéler les secrets de chaque temple. Nous qui imaginions être vite blasés de tant de temples, il est impossible de s’en lasser ! Bagan fascine par ses mystères et l’incroyable sérénité qui y règne.

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Les montgolfières au petit matin

Le deuxième matin de notre séjour à Bagan, nous fixons le réveil à 5h30 pour aller voir le soleil se lever sur les temples. Un couple de Français croisés la veille nous a conseillés de nous installer à la paya Buledi, emplacement parfait pour observer les montgolfières s’élever en même temps que le soleil.

À contrecœur, nous réveillons notre réceptionniste, bien endormi par terre derrière son comptoir, pour qu’il nous remette les clés de notre bécane électrique. Et nous voilà partis dans le noir, dans la fraîcheur saisissante du matin, à la recherche du fameux temple… On vous le donne en mille, on s’est bien évidemment trompé de route, perdus, puis finalement retrouvés grâce aux indications de la seule personne que nous avons vue à une heure aussi matinale.

Arrivée just in time à la paya Buledi ! Il est 6h et des brouettes, le jour se lève. La plaine est encore recouverte par les brumes qui peu à peu s’évaporent… Vers 7h, ce sont les énormes ballons rouges, jaunes et verts, qui font leur apparition et montent petit à petit dans les airs. Le spectacle est grandiose ! Quand nous les voyons nous passer au-dessus, la jalousie se fait sentir… mais à 350 € par personne, le petit tour en montgolfière ne pouvait pas entrer dans notre budget. Nous n’en profiterons que depuis le sol ferme.

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Le grand rush du coucher de soleil sur les temples

Alors que le lever du jour était un moment paisible et envoûtant, c’est un tout autre jeu qui se lance le soir… la chasse au meilleur spot pour le coucher de soleil sur les temples est ouverte ! Dès 17h, la course commence. La paya Shwesandaw, avec ses 5 terrasses circulaires, est le site le plus couru. Nous avons fait l’erreur d’y aller le premier soir… Outre le fait qu’Amélie n’a guère apprécié ses escaliers abrupts et est restée tétanisée au troisième niveau (Julien a poursuivi seul l’exploration jusqu’en haut), c’est l’afflux continu de bus déversant leur lot de touristes qui nous a poussé à fuir cet endroit. A peine quelques centaines de mètres de piste plus loin, nous sommes tombés sur un petit temple beaucoup moins couru.

Nous pensions avoir compris la leçon pour les jours suivants. Pourtant, à chaque fois, nous avons été surpris de voir débarquer autant de monde à la fin de la journée, là où nous croyions avoir trouvé l’endroit parfait pour contempler tranquillement le coucher de soleil ! Et, à chaque fois, nous avons été suivis par un groupe de photographes japonais amateurs très équipés, avec leur 4 objectifs, leurs trépieds, et accompagnés de garçons déguisés en moines pour la mise en scène. L’envers du décor, c’est aussi ça. Le concours de la plus belle photo et les flashs qui crépitent sans arrêt.

Si Marco Polo a pu dire que Bagan était « l’un des plus beaux spectacles au monde », nous sommes loin d’être les seuls à vouloir y assister.

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Et en bonus: les pistes de Bagan

Si vous voulez en savoir plus sur Bagan

N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site http://tresorsdumonde.fr/bagan ! Ce site recense comme son nom l’indique tous les endroits magiques des quatre coins de notre planète et file de nombreuses infos utiles pour organiser ses futurs voyages.