Dans les brumes d’Hanoi

Hanoi, c’est un crachin menaçant entre deux éclaircies, un temps du Nord. Ce sont des vendeuses ambulantes arpentant les rues avec leurs panières de fruits en équilibre sur l’épaule. C’est une foule de scooters circulant en tous sens. Ce sont de petits restaurants installés çà et là sur les trottoirs, des débits de bière Bia Hoi brassée le matin même et à consommer dans la journée. C’est un labyrinthe de ruelles se réduisant parfois à de simples couloirs. Ce sont des salons de coiffure installés au milieu du passage. C’est une installation électrique qui dépasse l’entendement. Et bien d’autres choses encore…

Pour mieux la découvrir, il faut arpenter la vieille ville et ses 36 corporations. Chacune de ces rues était consacrée à un seul type de marchandise et en portait le nom. Ainsi, la rue de la soie ou la rue des épices. Aujourd’hui, les produits ont changé, ces appellations ne sont plus valables, mais la démarcation demeure. Au hasard de nos déambulations, nous longeons la rue des jouets, la rue des ustensiles de cuisine, la rue des opticiens, la rue des bijoutiers, la rue des couturiers, etc. Point d’enseigne ou de vitrine, tout est étalé, déballé et empilé en une accumulation spectaculairement éloquente. La vieille ville conserve sa vocation de commerce de proximité. Ici, la vie bat son plein. Pour notre plus grand bonheur.

Il faut pénétrer dans ses temples aux intérieurs surchargés, contempler les idoles croulant sous les offrandes les plus diverses, depuis les billets de banque (nous hésiterons d’ailleurs à entrer dans le temple Bach Ma en y voyant plusieurs personnes attelées à compter une montagne de petites coupures), en passant par des paquets de gâteaux entiers ou des piles de canettes de bières Heineken.

Il faut se balader le long des rives du lac Hoan Kiem (littéralement lac de l’Épée restituée), au cœur de la ville et théâtre d’une des légendes fondatrices du Vietnam. Il s’y raconte en effet qu’un pauvre pêcheur s’est vu confier une épée magique par une tortue sortie du lac afin de défendre le royaume contre les envahisseurs Ming. On dit qu’il souleva tout le peuple vietnamien, remporta de nombreuses victoires et devint souverain. Mais plus tard, alors qu’il se promenait sur les bords du lac, l’épée fut rattrapée par la tortue qui s’en retourna dans les profondeurs du lac. Depuis, s’élève au milieu du lac un îlot avec un stupa de forme carrée en hommage à l’animal sacré. Et à sa pointe nord, son célèbre pont rouge continue d’attirer les photographes.

Il faut enfin se rendre au mausolée d’Ho Chi Minh qui dresse son imposante masse grisâtre au nord-ouest de la ville. Contrairement au souhait d’oncle Ho d’être incinéré et de faire disperser ses cendres dans les trois parties du royaume, le mausolée abrite en son centre le corps embaumé du père de la nation enfermé dans un cercueil de cristal. C’est un lieu important et un pèlerinage essentiel pour tous les Vietnamiens. Les classes d’école sont nombreuses à y venir. Comme eux, nous faisons le tour au pas de course du corps très protégé d’Ho Chi Minh. Tout est minuté. Il est interdit de s’arrêter. Des gardes en costumes blanc d’apparat sont postés tous les cinq mètres pour nous le rappeler. Au final, même si la file d’attente est impressionnante, la visite ne dure pas plus de quinze-vingt minutes. Malgré cela, nous loupons le coche (c’est l’heure de la pause déjeuner) pour le palais présidentiel attenant et la petite maison sur pilotis dans laquelle Ho Chi Minh a terminé ses jours. Quand nous y reviendrons le lendemain vers 16h, nous trouverons de nouveau porte close. Nous ne pourrons apprécier le décor qu’à travers les grilles et sans trop nous en approcher, sous peine de nous faire engueuler par les gardes en faction.

Au milieu de ses brumes et de ses gens, Hanoi aura d’abord été pour nous déstabilisante, électrisante, frisottante, puis profondément envoûtante.

Informations pratiques

Informations pratiques

Attention aux horaires d’ouverture pour vos visites !

Inutile de se rendre jusqu’au temple Hai Ba Trung ni dans le quartier français, il n’y a rien de particulier à y faire.

Depuis/vers l’aéroport : pour ceux qui ont le budget, un taxi coûte environ 20$ pour rejoindre le centre-ville ; pour les autres, les bus locaux n°7 et 17 sont garés devant les arrivées du Terminal 1 et mènent au centre pour 40 000 d.