Douces Kampot et Kep

Kampot et Kep, distantes d’une trentaine de kilomètres l’une de l’autre, se situent sur la côte sud du Cambodge, près de la frontière vietnamienne. Anciennes cités coloniales encore très marquées par l’influence française, elles se ressemblent par bien des aspects. Aujourd’hui petites villes de province où il fait bon flâner, elles gardent une authenticité unique au Cambodge et fleurent la douceur de vivre.

Leurs rues témoignent encore de leur splendeur révolue, quand l’élite française y venait en villégiature. Mais le temps a passé. À Kep, les villas coloniales ne ressemblent plus qu’à des fantômes, dépouillées de tous leurs artifices par les Khmers rouges puis par leurs survivants.

 

Si Kep s’étale sur plus de 8 km le long du littoral, Kampot se love autour du fleuve du même nom. Entre mer et montagne, dominée par le massif du Bokor, Kampot est une petite ville portuaire singulièrement calme. Nous avons plaisir à nous balader au fil de ses rues à la nuit tombée, stupéfaits néanmoins de voir tout un versant de la colline flamber sans que personne n’ait l’air de s’en soucier. Nous apprendrons plus tard que l’incendie était volontaire. Rien de tel pour tout nettoyer !…

Pour notre première nuit à Kampot, nous avons le privilège d’être les derniers clients d’un hôtel en cours de déconstruction. La patronne nous avait bien prévenus que le lendemain matin les ouvriers devaient s’attaquer à l’entrée du bâtiment, mais nous étions loin d’imaginer ça ! Quand nous nous sommes levés, il ne restait plus rien du mur extérieur donnant sur la rue ! La terrasse si agréable le soir avait elle aussi disparue ! Plutôt perturbant… Et même s’ils nous ont assuré que nous pouvions sans aucun problème rester une nuit supplémentaire, nous avons préféré décliner poliment, disant que nous reviendrions dans un an lorsque l’hôtel serait entièrement refait, et sommes allés nous réfugier quelques mètres plus loin dans une chambre aux murs solides.

Nous apprenons que la région de Kampot est avant tout réputée pour son poivre vert, l’un des meilleurs au monde. Et, pour en savoir plus sur la précieuse épice, nous sommes allés visiter le centre Farmlink, juste après le nouveau pont, créé par des expatriés pour encourager le développement de l’agriculture locale et soutenir les fermiers cambodgiens sur les marchés internationaux.

Les familles d’agriculteurs locaux utilisent des techniques ancestrales organiques et manuelles de culture du poivre, en respectant l’environnement naturel et la qualité de leur vigne. Il est essentiel de leur garantir un revenu durable et suffisant afin de leur permettre de perpétuer un savoir-faire centenaire. FARMLINK a un partenariat avec plus de 120 familles de producteurs locaux dans la région de Kampot et travaille au quotidien main dans la main avec eux.
Farmlink

Nous y découvrons tous les secrets du poivre, comment il est cultivé, à quelle période il est récolté, et avec quelle minutie chaque grain est trié selon sa taille et sa couleur. De grande qualité, il est tout à fait savoureux, mais assez cher; nous n’en ramènerons qu’un tout petit peu. Ce poivre, nous le retrouvons justement à Kep où nous le dégustons en sauce accompagnant le célèbre crabe de la région aux incroyables pattes bleues.

Avant de nous attaquer, attablés face à la mer, à la chair savoureuse du crustacé, nous faisons le tour des allées animées du marché aux crabes de Kep. Nous sommes dimanche matin, les nasses de bambou chargées de crabes flottent dans l’eau, des cercles se forment autour des marchandes et les négociations vont bon train.

Depuis Kampot ou Kep, il est également très facile de s’évader de la ville pour rayonner à deux roues dans la campagne environnante. En quelques minutes à peine, le paysage change radicalement. Les routes deviennent rouges poussiéreuses, des maisons isolées s’élèvent au milieu les parcelles de riz, d’incroyables jardins potagers fleurissent.

 

Toute cette région abrite des sites exceptionnels. Les premières vedettes en sont les nombreuses grottes, spectaculaires formations géologiques, dont la plus symbolique, le grotte de Phnom Chnork, cache dans ses profondeurs un temple préangkorien du VIIe siècle et une célèbre stalagmite en forme d’éléphant.

Ce sont aussi les marais salants dont les vastes étendues ponctuent la route menant vers le Vietnam. Au hasard d’une pause en chemin, Julien sera d’ailleurs réquisitionné pour récolter le sel. Un travail particulièrement piquant et acrobatique ! Sa performance fait beaucoup rire les locaux et Amélie, bien à l’abri derrière son appareil photo !

Puis les salines laissent la place aux marécages le long de la frontière vietnamienne, très appréciés des buffles d’eau qui s’y baignent paisiblement.

Que ce soit à pied parmi les villas coloniales, en moto dans la campagne avoisinante, ou en bateau jusqu’à l’île du lapin (à 20 minutes à peine de la ville de Kep) pour une dernière journée paisible et idéale au bord de la mer, nous avons chaque fois été séduits par le charme authentique et l’étonnante diversité de cette région.

Informations pratiques

Informations pratiques

Trajet Sihanoukville-Kampot : 5$/pers.

Trajet Kampot-Kep : 3$/pers.

Location de scooter : 5$ la journée

Traversée vers l’île du lapin : 7$/pers.

Grand plat de crabe à la sauce au poivre : 7.5$ (à goûter absolument !)