Huppée Bariloche

Partout où nous nous arrêtons, son nom est sur toutes les lèvres. Surnommée « la Suisse argentine », Bariloche (prononcer Barilotché) est une destination touristique extrêmement prisée de la région des lacs côté argentin. Définitivement the place to be. La rançon de ce succès : une vie chère, des restaurants hauts de gamme et un nombre incalculable d’hôtels 4 et 5 étoiles tout le long du lac.

Nous n’avions pas spécialement prévu de traverser la frontière à cet endroit, encore moins d’y faire escale pendant trois jours, mais contraints de gagner le Sud assez rapidement, il s’est avéré que Bariloche était une bien meilleure option que faire du stop sur la carretera austral au Chili en basse saison. 

Nous nous retrouvons donc du côté argentin, dans la capitale du ski (dommage qu’il n’y ait pas encore de neige…), du chocolat (Amélie salive devant chaque vitrine !) et de la bière artisanale (enfin quelque chose qui a du goût, ça change de la Heineken !). Il va sans dire que nous craquons immédiatement pour sa gastronomie.

Ses paysages sont tout autant savoureux. Depuis la route, nous apercevons la ville au bord du lac Nahuel Huapi entouré par les montagnes. Nous ne savons pas si la Suisse abrite de tels panoramas, mais si c’est le cas, nous faisons les cartons en rentrant !

Pour explorer les alentours de Bariloche, il existe plusieurs parcours possibles. Le plus apprécié est le « circuito chico », une excursion de 60 km en voiture largement proposée par les agences de la ville. Pour nous, comme d’habitude, ce sera les transports en commun. Première étape du circuit : le cerro Campanario. Nous prenons le bus n°20 qui remonte l’infinie avenida Bustillo et nous dépose à son pied. Pour les moins courageux, un téléphérique conduit tout en haut du cerro. Mais pour les sportifs que nous sommes devenus, une montée de 45 minutes à travers la forêt nous attend. Et quelle récompense quand nous atteignons le sommet tout dégoulinants ! Le panorama est à couper le souffle ! De tous côtés, les lacs, grands et petits, semblent se faufiler entre les montagnes et viennent refléter les rayons du soleil à son zénith.

Nous sommes impressionnés et bien loin de regretter cette escale à Bariloche ! L’appareil photo est en surchauffe. Nous ne voulons pas repartir. Alors, pour prolonger l’instant (et, accessoirement, se remplir l’estomac), nous nous offrons un petit plaisir à la cafétéria qui coiffe le sommet de la montagne. Nous craquons pour deux alfajores, la gourmandise typique argentine, deux biscuits assemblés par une couche de dulce de leche (plus elle est épaisse, meilleur c’est !). À savoir si c’est le panorama ou les talents de la pâtissière, Amélie restera persuadée que c’est le meilleur qu’elle ait eu l’occasion de goûter !

Après avoir contenté nos yeux et nos papilles, nous nous attaquons à la descente, faisant crier nos genoux. Une fois arrivés en bas, et pas encore rassasiés, nous décidons de poursuivre la route avec le bus n°20 jusqu’à Puerto Pañuelo pour une randonnée dans le parc national. Deux circuits sont proposés. Nous privilégions le plus court. Il est déjà 15h et nous ne voudrions pas nous faire surprendre par la nuit. Pendant trois heures de marche, nous traversons une végétation étrange, nous sentant ridiculement petits au pied de ces arbres géants, nous grimpons à nouveau pour atteindre cette fois-ci le sommet du cerro Lopez où nous trouvons deux veinards confortablement installés, et redescendons jusqu’à la plage pour tremper un orteil que nous retirons bien vite de l’eau. Le panorama est toujours aussi spectaculaire, le soleil toujours de la partie. Au fur et à mesure que nous avançons, nous égrenons les « C’est ouf ! », les « J’en reviens pas ! », les « C’est encore plus beau ici ! ».

Face à de tels paysages, il est par moments difficile de véritablement prendre conscience de ce que l’on voit, de prendre conscience qu’on est là, qu’on en fait partie. Mais, ce qui reste, à coup sûr, c’est l’envie d’y retourner, de connaître à nouveau cette stupéfaction et cette ivresse face au spectacle de la nature.

Informations pratiques

Informations pratiques

Bus Puerto Montt – Bariloche : 18 000 pesos chiliens/pers.

À l’arrivée à la gare routière de Bariloche, deux moyens de gagner le centre de façon économique. Soit vous avez déjà une carte de métro Sube (utilisée aussi à Buenos Aires), soit vous changez un peu de monnaie au kiosque et achetez un billet de bus à l’unité auprès des transports Las Grutas (16 pesos).

Alfajor dans la cafétéria en haut du cerro Catedral : 32 pesos