Trek à Sapa

Début mars. Ce n’est pas l’idéal, mais nous ne voulions pas manquer ça. Le nord du Vietnam, tout particulièrement la région de Sapa, faisait partie de nos impératifs de voyage. Nous rêvions de ses paysages de hautes montagnes et de ses rizières en terrasses.

À peine arrivés à Hanoi, nous embarquons à bord du train de nuit ralliant la ville de Lao Cai, au Nord. Nous partageons notre modeste cabine avec deux Américaines. Il est 21h40 lorsque le train s’ébranle. Aussitôt, nous éteignons les lumières et partons pour une bonne nuit de sommeil, entrecoupée par quelques coups de freins brusques.

À 5h, nous sommes réveillés par les cris du vendeur de café dans les allées qui, semble-t-il, a décidé de faire du zèle ce matin… Nous ne débarquons que trois quarts d’heure plus tard dans le noir et la bruine matinale. Des conducteurs de minibus nous tombent dessus pour nous conduire jusqu’à Sapa. Fatigués, nous ne prenons pas le temps de chercher le point de départ des bus locaux, pourtant juste à gauche en sortant de la gare, et cédons nos économies à la facilité.

Nous découvrons Sapa au lever du jour, sous le crachin et dans un brouillard à couper au couteau. La météo n’est malheureusement pas au rendez-vous. Mais nous sommes samedi, la ville est envahie de Vietnamiens venus pour le week-end et l’ambiance est sympathique. Chacun pose pour la photo souvenir devant la célèbre église de Sapa construite par des missionnaires français, des groupes de jeunes jouent au centre du village et les femmes Hmong papillonnent pour vendre bijoux et tissus brodés. La technique d’approche est invariablement la même. Dans un anglais approximatif, les questions s’enchaînent de façon bien rodée : Hello ! Where you’re from ? What’s your name ? How old are you ? Have you brothers and sisters ? et aboutissent à la dernière phrase, fatidique : Buy me something ! Nous en rigolons ensemble et soldons la conversation par un Maybe later, extrêmement efficace.

La technique n’est toutefois pas infaillible, comme nous le découvrirons le lendemain matin. À peine avons-nous commencé notre trek qu’une femme Dzao rouge (reconnaissable à son turban rouge et blanc aux airs de bonnet de père Noël) se met à nous suivre et ne nous lâche pas d’une semelle jusqu’à notre point de ravitaillement pour le déjeuner, trois heures plus tard ! Devant tant de persévérance, difficile de ne rien lui acheter sans passer pour des sans-cœur. Par compassion, mais aussi par intérêt, Amélie discute le prix d’un joli bracelet qu’elle emporte pour une somme dérisoire. Modeste compensation pour le chemin parcouru… À croire que nous sommes vraiment des sans-cœur !

Quand nous reprenons notre route l’après-midi, nous avons comme l’impression que le groupe n’est plus au complet, qu’il manque quelqu’un. Plus aucune vendeuse ne se tient à nos trousses, nous voilà que tous les trois avec notre guide, le très sympathique Cui (facile à retenir !) qui nous abreuve en anecdotes sur la culture vietnamienne. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Sapa, tout au fond de la vallée, et l’itinéraire que nous avons choisi en réservant par agence est encore profondément sauvage, à l’écart des masses. Nous traversons des villages reculés, ne croisons presque personne hormis de jeunes enfants qui nous saluent en criant, empruntons de minces passages entre les rizières pour grimper au sommet des montagnes. Nous évoluons dans ce cadre somptueux en ayant tout le temps nécessaire pour nous arrêter et observer les gens dans leur vie quotidienne. Il semble en effet que nous ayons un bon rythme de marche : nous ne mettons que 3h40 pour effectuer le trek prévu pour 6h… C’est ainsi, un peu frustrés (nous étions partis pour nous dépasser !), que nous atteignons aux alentours de 16h le village de la tribu des Dzaos rouges où nous passerons la nuit.

Des randonneuses y sont déjà installées, à boire le thé. Elles viennent d’Angleterre ou d’Australie et frôlent toutes le troisième âge (nous comprenons maintenant pourquoi le parcours était moins ardu qu’espéré). Nous passons une de nos plus étranges soirées, à trinquer à l’alcool de riz maison avec nos hôtes et à converser de maladies cardio-vasculaires avec nos compagnes de chambre…

Le lendemain, après une dernière matinée de marche dans les villages alentour, nous avons plaisir à redécouvrir les rizières en cascade et la ville de Sapa sous un ciel presque limpide et un soleil éclatant.

Informations pratiques

Informations pratiques

Train de nuit Hanoi-Lao Cai (Orient Express) : 34 $/pers l’aller simple

Minibus pour Sapa : 100 000 d/pers

Bus local : 20 000 d/pers

Little Sapa Restaurant, excellente surprise pour un petit prix

Pour le trek, inutile de réserver, il y a largement de quoi trouver sur place la formule qui vous conviendra