Voyage au bout de la nuit

Traverser le Pacifique n’est pas une mince affaire. Surtout lorsqu’on part du Vietnam pour atteindre le Chili et qu’on a bien pris soin d’éviter la compagnie Malaysia Airlines par superstition. Les distances sont énormes, cela se compte en plusieurs milliers de kilomètres et se solde par 4 avions différents, 28 heures de vol, une escale d’une nuit à Hong Kong et un transit par Dallas… Ce n’est plus du voyage, c’est une épopée ! Partis le 28 mars d’Ho Chi Minh, nous arriverons le 30 au matin à l’aéroport de Santiago.

D’Hong Kong, nous n’aurons le temps d’apprécier que les chambres de 4 m² des hôtels à bas prix des Chungking Mansions. L’économie d’espace poussée à son maximum. Finalement, notre appartement parisien était un vrai loft ! Nous revoilà dans un environnement familier, à suivre les couloirs de métro au cœur d’une foule cosmopolite de citadins apprêtés. Le lendemain, nous apercevrons la forêt de tours qui encercle la ville et son port de commerce hors normes depuis le train qui nous reconduit à l’aéroport, lui-même complètement démesuré.

Alors que le check-in est fait, que les contrôles de sécurité ont été passés avec brio et que nous nous apprêtons à monter à bord, Amélie se fait arrêter par la sécurité et conduire dans un local séparé du reste des passagers. Inquiète, elle pense déjà qu’elle va passer le restant de ses jours au fond d’une geôle chinoise. Julien est prêt à venir la secourir quand on lui apprend calmement qu’il s’agit simplement d’un contrôle aléatoire. On ne plaisante pas avec les vols en direction des États-Unis.

On s’en apercevra une fois de plus en posant le pied à Dallas, Texas, où Julien patientera presque deux heures durant pour passer le contrôle des passeports, alors que nous étions juste en transit.

La dernière attente sera la plus longue. Il devient difficile de résister au sommeil. Amélie réussit à se glisser entre les sièges pour s’allonger et fermer un instant les yeux tandis que Julien veille au grain. Il ne nous tarde plus qu’une chose, être à nouveau dans les airs pour pouvoir dormir, dormir, dormir…

Aussi, les dernières neuf heures de vol jusqu’à Santiago passeront-elles en un éclair.