Santiago, nos premiers pas au Chili

La fatigue du voyage a raison de nous lors de notre passage à Santiago. Nous n’avons pas le courage de nous glisser dans ses musées, ou simplement d’organiser notre visite de la ville. Nous laissons nos pas nous conduire au hasard des rues. Trois journées de déambulation dans Santiago nous auront tout de même permis de nous familiariser avec le quotidien de ses habitants et avec quelques traits typiques du Chili.

  • Nous nous habituons au plan en damier typique des villes hispano-américaines. Les rues sont ici divisées en cuadras. On compte les distances à l’américaine : a una/dos/tres cuadras

  • Contrairement à ce que nous croyions, la Plaza de Armas n’est pas seulement le nom d’une place historique de Santiago, mais désigne de façon générale la place principale de toutes les villes du pays.

  • Les chiens errants courent les rues et plus particulièrement après les voitures, qu’ils détestent. D’après les chiffres, on en compte plusieurs milliers dans la ville.

  • Pour rentabiliser les transports publics à Santiago, le métro est plus cher en heure de pointe. On est serrés comme des sardines et on met le prix pour ça !

  • Les horodateurs sont vivants. On voit des agents postés à chaque coin de rue pour encaisser les frais de stationnement.

  • Ici, on dit cancelar (annuler) pour dire pagar (payer). Le regard vide, la bouche ouverte, Amélie met du temps avant de comprendre qu’on lui réclame de l’argent.

  • Les Chiliens mangent la viande a lo pobre surmontée de deux œufs au plat et accompagnée de beaucoup, beaucoup de frites. Le climat est rude, la nourriture doit tenir au corps.

  • Le hot dog américain s’est transformé en completo avec force mayonnaise et de la crème d’avocat, la fameuse palta. Spéciale dédicace à notre copine Florence qui adorerait ça !

  • Les glaces italiennes atteignent des sommets insoupçonnables.

  • Les Chiliens sont les deuxièmes plus gros consommateurs de pain au monde et nous avons trouvé la meilleure baguette de Santiago à la boulangerie Panam.

  • Les Allemands sont passés par là… Ici aussi, on boit des chopp de bière et on mange des kuchen pour le goûter. L’heure du dîner est si tardive (autour de 22 h) que le rite de la merienda, un café avec un gros morceau de tarte, s’impose en fin de journée. À l’heure où nous avons l’habitude de prendre l’apéro, les Chiliens s’installent pour le goûter. Julien devient fou à ne croiser que des maisons de thé.

  • Au Chili, l’activité sismique se ressent jusque dans le nom des boissons : le cocktail national est appelé terremoto (le tremblement de terre). Un verre, ça passe. Deux, tu ne sens plus le sol.

  • Quand nous rejoindrons la côte, nous y trouverons tout du long les inquiétants panneaux d’évacuation en cas de tsunami.

  • Et pour ceux que ça intéresse, on continue de ne pas jeter le PQ dans les toilettes, mais dans la poubelle à côté.

Vous l’aurez compris, à Santiago, plus que des visites, nous avons pris le temps de nous asseoir aux terrasses des cafés et restaurants dans le quartier coloré de Bellavista, l’un des plus animés de la ville. Nous avons dégusté les spécialités locales, que ce soit dans l’assiette ou dans le verre, et nous avons également expérimenté le fameux asado entre amis arrosé de vin chilien.

En dehors de la table, il faut noter que nous sommes tout de même montés jusqu’au sommet du Cerro San Cristobal (en téléphérique, certes…) pour admirer la vue sur la ville et essayer de deviner les pics des Andes cachés derrière l’épais nuage de pollution.

En redescendant, nous avons visité la maison du poète Pablo Neruda, qu’il avait lui-même entièrement conçue et décorée. Il l’avait nommée La Chascona (« La Décoiffée ») en hommage à la chevelure rebelle de la dernière femme de sa vie, Matilde.

Puis, nous nous sommes arrêtés devant le Palacio de la Moneda, bombardé en 1973 par les forces militaires pour déloger Allende, et avons regardé flotter au gré du vent l’immense drapeau national. Et, comme à notre habitude, nous sommes allés faire une virée au marché pour prendre le pouls de la ville. Là enfin, la foule bigarrée et les échoppes débordantes nous ont paru donner un peu de couleur à cette grande ville qui en manque cruellement à notre goût. 

Il semble d’ailleurs que nous ne sommes pas les seuls à le penser car, dès le vendredi après-midi, la ville se vide de ses habitants qui s’échappent vers la mer ou la montagne pour le week-end.

Informations pratiques

Informations pratiques

Il est très facile de se déplacer dans Santiago, le métro dessert les principaux points d’intérêt. La ligne 1 notamment mène au centre et aux terminaux de bus. Il est possible d’acheter son billet à l’unité ou, pour un séjour de longue durée, d’utiliser une carte BIP rechargeable pouvant servir pour plusieurs personnes.

De l’aéroport, nous avons pris le bus Centropuerto (1600 pesos/pers) à la sortie du terminal, qui nous a déposés à la station de métro Los Héroes.